Coup de coeur
Aujourd'hui, le député UDF des Pyrénées-Atlantique est en grève de la faim depuis maintenant cinq semaines .Il proteste ainsi contre «la délocalisation » de la seule usine de la vallée d'Aspe.
Il répond à Libé, le 13 mars 2006 : (lien)
« Je ne laisserais pas tuer cette vallée. Je suis déterminé à aller jusqu'au bout. J'ai tout mon temps. Je ne suis pas un illuminé, j'ai longuement mûri la décision de ne pas m'alimenter. Je ne suis pas suicidaire, je suis un combattant. C'est cette semaine qu'il faut que je les fasse plier. Après je ne serai plus forcément en état physiologique de me battre. Un simple engagement écrit de la part des dirigeants de Toyal Europe ne suffira pas à me convaincre de leur bonne foi. Je cesserai mon action lorsque, symboliquement, la première pierre de l'extension de l'usine d'Accous sera posée.
Pour l'instant, je n'ai eu aucun signe du gouvernement. Je sais pourquoi : les ministres n'y peuvent plus rien. Regardez l'affaire Suez-GDF. Un jour, les ministres disent ne pas vouloir intervenir. Le lendemain, ils veulent favoriser le rapprochement au nom d'un soi-disant “patriotisme économique”. L'Etat est terriblement endetté. Les dix premières entreprises du Cac 40 sont bien plus puissantes que l'Etat. Il m'est devenu insupportable que des hommes seuls, aussi puissants soient-ils, puissent décider du sort de dizaines de familles, de leur vie ou de leur mort, et du devenir de notre territoire déjà en lambeaux. Nous sommes dans un monde où des monstres financiers, des cannibales, des dirigeants virtuels imposent leur loi à des gens biens réels. C'est ce qu'on nomme, paraît-il, la mondialisation. Cela m'est devenu insupportable »

Installé dans une salle de l'Assemblée nationale, Jean Lassalle ne s'alimente plus depuis le 7 mars. (Photo AFP)
Fraise des bois dit : "Fraise d’honneur avec eau sucrée de circonstance pour Jean Lassalle, le député UDF de la vallée d’Aspe. Il s’était déjà fait connaître pour avoir chanté en béarnais dans l’Hémicycle pour marquer sa protestation contre le départ annoncé d’une brigade de gendarmerie. Cette fois, et toujours dans les locaux de l’Assemblée nationale, il continue une grève de la faim commencée mardi 7 mars, pour essayer d'empêcher la délocalisation d’une entreprise de peinture métallique (150 emplois menacés dans sa circonscription). J’ai noté qu’il s’était installé au pied du buste de Jean Jaurès, salle des Quatre-Colonnes. Un patronage hautement symbolique : le combat de Jaurès était aussi à son époque de faire valoir le primat du politique sur la violence économique. Le PS manque actuellement cruellement de types de son envergure... Lassalle se révèle là effectivement le digne disciple de Jaurès, comme élu engagé, attaché à son terroir et qui ne craint pas de payer de sa personne pour défendre les intérêts de toute une collectivité. Chapeau, ou plutôt béret bas !"