La fameuse "rupture"
"Nicolas Sarkozy prône la rupture avec le "jeunisme" hérité de Mai 68
Le ministre de l'intérieur et président de l'UMP, Nicolas Sarkozy, en a appelé dimanche aux jeunes pour être les acteurs de la "rupture" avec les politiques menées ces dernières décennies. "Je vous demande de m'aider à agir si vous ne voulez pas subir", a-t-il lancé à plusieurs milliers de jeunes militants dans son discours de clôture de l'université d'été de l'UMP réunie à Marseille.
"Rupture", le mot a été martelé par le président de l'UMP : "Une rupture dans nos comportements, une rupture dans nos méthodes, une rupture dans notre façon d'appréhender le débat d'idées." "Un Français sur deux qui ne vote pas, le quart de ceux qui votent qui votent pour les extrêmes, toutes les majorités sortantes qui sont battues : si on n'en tire pas la conclusion qu'il faut profondément changer notre façon de faire de la politique, c'est qu'on n'a rien compris à la situation politique de notre pays", a-t-il expliqué dès le début de son discours."
LEMONDE.FR Avec AFP et Reuters | 03.09.06 | 13h51 • Mis à jour le 04.09.06 | 08h12
A tort ou à raison ? Ce n'est pas ce que je veux demander dans cet article.
L'édition du Nouvel Obs de cette semaine (du 31 aout au 6 septembre) propose un (énième) dossier sur Sarkozy. Face à cette actu où il nous martèle le cerveau de "ruptures" en tout genre, j'ai trouvé amusant de reprendre quelques extraits de ce dossier : "Il faut relire les vieux livres. On y trouve des perles. En 1995, le ministre de Balladur ne jurait que par la réforme douce. Tout le monde l'avait oublié..."
Qui se souvient des discours tenus par le petit Nicolas, aux côtés d'Edouard Balladur, dont il était grand partisan, le préférant justement à Chirac pour ses méthodes "douces" ?
Quelques extraits du livre d'entretiens de Sarkozy avec Michel Denisot paru en 1995 suffiront à rappeler la mémoire de quelques "amnésiques" :
"Plus la société est fragile, moins le discours doit être brutal, expliquait alors le ministre du Budget, en campagne pour Edouard Balladur. La meilleure façon de faire avancer une société, c'est de la rassurer, non de l'inquiéter. [...] Le rôle du politique est de tout faire pour ne pas exacerber les tensions, mais au contraire pour les apaiser.
[...] Il y a le discours de Chirac, qui est clairement un discours de rupture. Il dit : la société française va mal, il faut faire sauter un certain nombre de verrous brutalement, du moins sans précaution, et joindre les actes au discours. Pour lui, la réforme doit être dure et le discours encore plus. Telle est la stratégie chiraquienne. Réveiller une France qui va mal et dont on pense qu'elle sommeille. Cette analyse, je la crois fausse et ne correspondant aucunement à la réalité. [...] Je ne crois pas au grand soir : fiscal, social, économique [...]. La caractéristique d'une société archaïque est qu'elle n'avance que brutalement, par ruptures successives. "
Je rajoute la petite conclusion de l'article de l'Obs :
" [...] Soucieux à l'extrême de sa popularité, il se repaît au contraire de sondages. Dans ces conditions, son discours sur la rupture aparaît très rhétorique. En 1995, la rupture, aux yeux de Sarkozy, c'était Chirac. Celui-là même qu'il taxe aujourd'hui d'immobilisme..."
Etrange, comme un homme politique peut changer en 10 ans. Reprenons l'article du Monde, "être les acteurs de la "rupture" avec les politiques menées ces dernières décennies". Oui, mais par qui ? Certainement pas par lui, du moins pas totalement. Alors ? Veritables convictions, ... ou pure démagogie ?
Enfin, peut-être que cet homme politique qu'est Sarko n'a pas tellement changé, mais qu'il a trouvé le moyen de concilier rupture et rassurement de la société...plus cote de popularité grandissante ! (Puisque le gentil Sarko gagne la confiance de nombreux français.)

Nicolas Sarkozy, à Marseille, le 3 septembre. [ AFP/BORIS HORVAT ]
Le ministre de l'intérieur et président de l'UMP, Nicolas Sarkozy, en a appelé dimanche aux jeunes pour être les acteurs de la "rupture" avec les politiques menées ces dernières décennies. "Je vous demande de m'aider à agir si vous ne voulez pas subir", a-t-il lancé à plusieurs milliers de jeunes militants dans son discours de clôture de l'université d'été de l'UMP réunie à Marseille.
"Rupture", le mot a été martelé par le président de l'UMP : "Une rupture dans nos comportements, une rupture dans nos méthodes, une rupture dans notre façon d'appréhender le débat d'idées." "Un Français sur deux qui ne vote pas, le quart de ceux qui votent qui votent pour les extrêmes, toutes les majorités sortantes qui sont battues : si on n'en tire pas la conclusion qu'il faut profondément changer notre façon de faire de la politique, c'est qu'on n'a rien compris à la situation politique de notre pays", a-t-il expliqué dès le début de son discours."
LEMONDE.FR Avec AFP et Reuters | 03.09.06 | 13h51 • Mis à jour le 04.09.06 | 08h12
A tort ou à raison ? Ce n'est pas ce que je veux demander dans cet article.
L'édition du Nouvel Obs de cette semaine (du 31 aout au 6 septembre) propose un (énième) dossier sur Sarkozy. Face à cette actu où il nous martèle le cerveau de "ruptures" en tout genre, j'ai trouvé amusant de reprendre quelques extraits de ce dossier : "Il faut relire les vieux livres. On y trouve des perles. En 1995, le ministre de Balladur ne jurait que par la réforme douce. Tout le monde l'avait oublié..."
Qui se souvient des discours tenus par le petit Nicolas, aux côtés d'Edouard Balladur, dont il était grand partisan, le préférant justement à Chirac pour ses méthodes "douces" ?
Quelques extraits du livre d'entretiens de Sarkozy avec Michel Denisot paru en 1995 suffiront à rappeler la mémoire de quelques "amnésiques" :
"Plus la société est fragile, moins le discours doit être brutal, expliquait alors le ministre du Budget, en campagne pour Edouard Balladur. La meilleure façon de faire avancer une société, c'est de la rassurer, non de l'inquiéter. [...] Le rôle du politique est de tout faire pour ne pas exacerber les tensions, mais au contraire pour les apaiser.
[...] Il y a le discours de Chirac, qui est clairement un discours de rupture. Il dit : la société française va mal, il faut faire sauter un certain nombre de verrous brutalement, du moins sans précaution, et joindre les actes au discours. Pour lui, la réforme doit être dure et le discours encore plus. Telle est la stratégie chiraquienne. Réveiller une France qui va mal et dont on pense qu'elle sommeille. Cette analyse, je la crois fausse et ne correspondant aucunement à la réalité. [...] Je ne crois pas au grand soir : fiscal, social, économique [...]. La caractéristique d'une société archaïque est qu'elle n'avance que brutalement, par ruptures successives. "
Je rajoute la petite conclusion de l'article de l'Obs :
" [...] Soucieux à l'extrême de sa popularité, il se repaît au contraire de sondages. Dans ces conditions, son discours sur la rupture aparaît très rhétorique. En 1995, la rupture, aux yeux de Sarkozy, c'était Chirac. Celui-là même qu'il taxe aujourd'hui d'immobilisme..."
Etrange, comme un homme politique peut changer en 10 ans. Reprenons l'article du Monde, "être les acteurs de la "rupture" avec les politiques menées ces dernières décennies". Oui, mais par qui ? Certainement pas par lui, du moins pas totalement. Alors ? Veritables convictions, ... ou pure démagogie ?
Enfin, peut-être que cet homme politique qu'est Sarko n'a pas tellement changé, mais qu'il a trouvé le moyen de concilier rupture et rassurement de la société...plus cote de popularité grandissante ! (Puisque le gentil Sarko gagne la confiance de nombreux français.)

Nicolas Sarkozy, à Marseille, le 3 septembre. [ AFP/BORIS HORVAT ]
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