Les candidats du Système

Si les éléphants du PS sont revenus au pas de charge surveiller une candidate Royal noyée dans sa campagne, Nicolas Sarkozy n'est pas en reste. Désormais entouré d'Alain Juppé, de Jean-Pierre Raffarin, de Dominique de Villepin, et de toute la vieille garde RPR, le ministre nous rappelle qu'il est bien le candidat d'un parti qui joue le rôle de pilier du Système depuis des années.
De quoi mettre du plomb dans l'aile de sa prétendue rupture… Plus personne désormais ne s'y trompe, et les derniers naïfs sont en train de revenir sur Terre, Nicolas Sarkozy n'est pas le renouveau, mais la continuité ; il est une parfaite incarnation du Système. Et à ce titre, il est comptable d'un bilan, très lourd, celui des 20 dernières années, pendant lesquelles il fut tout le temps député et plusieurs fois ministre. A ce bilan général, vient s'ajouter le sien en tant que ministre de l'Intérieur. Et il n'est pas beaucoup plus reluisant…Explosion des violences aux personnes (+50% en 5 ans), émeutes comme la France n'en avait jamais connu dans son histoire contemporaine, échec de l'organisation de l'Islam de France et transformation du CFCM en un organe communautariste, vraie machine à légitimer les pires extrémismes.
Ne revenons même pas sur les quelques mois qu'il passa en 2004 à la tête du ministère de l'Economie, pendant lesquels il avait promis de s'attaquer à la baisse du pouvoir d'achat, avec le succès que l'on sait…
Ses propositions de campagne témoignent tout autant de son inscription dans la lignée du Système. Sur le plan européen, passage en force de la Constitution Giscard, en la faisant adopter par le Parlement dont on sait qu'il dit OUI à 92% en 2005, quand le peuple votait NON à 55%…Pas de renégociation des Traités européens, pas de révision du statut de la BCE (alors que dans le même temps, le candidat Sarkozy dénonce « l'euro cher », allez comprendre…), pas de desserrement de la contrainte libérale bruxelloise qui freine la politique industrielle, l'innovation et l'emploi.
Sur le plan économique et social, poursuite des déréglementations et des privatisations (dans la lignée des gouvernements Balladur, Juppé, Jospin, Raffarin et Villepin, quelle rupture !…), généralisation du CNE par la création d'un « contrat de travail unique » plus flexible, et poursuite de la politique de libre-échange intégral, alors que les délocalisations intra et extra européennes touchent un nombre croissant de secteurs et de travailleurs.
Sur le plan des valeurs républicaines, le ministre-candidat casse le modèle français en favorisant les communautarismes via la discrimination positive et le droit de vote accordé aux étrangers.
Enfin, la politique étrangère qu'il propose marque une inflexion inquiétante dans le sens d'un alignement sur les Etats-Unis, quand à New York en septembre dernier il fustigeait «l'arrogance » de la France pendant la crise irakienne. Où seraient aujourd'hui nos soldats si Nicolas Sarkozy avait été président en 2003 ?…
L'illusion Sarkozy s'est déjà largement évaporée. A l'instar de Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy a voulu faire croire qu'il incarnait le renouvellement. Il n'en est malheureusement rien. Les 2 candidats des médias n'ont pas pu masquer longtemps le fait qu'ils incarnent ensemble un Système à bout de souffle.
A faire circuler largement, merci !